Éducation au crédit : responsabilité des banques?

Qui est responsable d’éduquer les enfants au crédit? Les banques? L’école? Les parents? Les associations de protection des consommateurs? Le consommateur lui même? Chacun de ces intervenants n’est pas totalement neutre dans cette affaire.

Chacun pense donc que c’est, pour différentes raisons, sa responsabilité ou celle d’un autre! Les parents et l’école se renvoient la balle sur bien des sujets déjà, donc celui-ci n’en est qu’un de plus sur la liste.

Les associations de protection des consommateurs, quant à elles, si on pense notamment aux ACEF qui donnent des cours sur le budget, sont des OSBL donc ne bénéficient que de moyens limités, et ne peuvent accueillir qu’une clientèle limitée (non, ils n’offrent pas leurs cours à des masses informes dans des amphithéâtres…).

Le consommateur lui-même peut effectivement prendre en charge sa propre éducation financière et au crédit.  C’est ce que j’ai fait.  Mais entendons-nous: tous n’ont pas nécessairement la capacité de se prendre en charge de la sorte.  Je pense entre autres aux adultes faiblement scolarisés, à ceux en situation de pauvreté qui ne feront pas des recherches sur Internet pour améliorer leur culture générale en la matière (avant de se payer Internet, on se paye un loyer et à manger). C’est beau de dire qu’ils n’ont qu’à aller à la bibliothèque, mais moi j’en connais personnellement qui travaillent plus de 65h par semaine pour arriver alors le peu de temps qu’il leur reste, non ils ne le passent pas à la bibliothèque.

Les banques maintenant… ont-elles vraiment intérêt à faire l’éducation au crédit, notamment des enfants? D’un point de vue éthique, c’est discutable: elles font du profit justement en nous faisant crédit.  D’autre part, nombre d’entre-elles se sont révélées de bien piètres planificatrices si on repense au récent crash.  La force d’une équipe est celle de son maillon le plus faible.  D’autre part, quand on regarde les inepties que certaines publient en guise «d’éducation», on est en droit, comme client, de douter fortement de leur compétence et de leur bonne foi. Et quand on connaît leurs pratiques douteuses de sollicitation sur les campus des cégeps et universités, on peut se permettre (dans mon cas personnel), de carrément ne pas croire au sérieux et à la qualité de leur supposée démarche éducative.

À mon avis, les banques devraient se contenter d’offrir des incitatifs à l’épargne aux enfants, point.  Si elles veulent soutenir une quelconque forme d’éducation au crédit, qu’elles commencent par clarifier leur pratiques et l’explication de leurs divers produits financiers… pour qu’on n’ait pas besoin d’un cours de deuxième cycle en finance pour comprendre ce qu’on est en train de se procurer.

Pour ma part, je crois que l’éducation au crédit est une responsabilité à la fois individuelle et collective: le parent est le premier responsable de voir à ce que son enfant reçoive cette éducation, de sa part ou de la part d’une autre autorité compétente s’il n’est pas lui-même en mesure de soutenir son enfant.  Mais le parent n’est pas l’unique responsable.

L’école devrait revoir ses cours de mathématiques dès le primaire pour commencer à inclure certaines notions de base d’une saine gestion des finances.  C’est un reproche que je fais aux cours de maths du primaire jusqu’au secondaire: on fait des calculs sur tout et n’importe quoi (souvent sur des histoires de trains) mais rien sur le budget.  Allo?  Avons-nous par hasard oublié quelque chose?  Le seul cours qui abordait ces notions était (de mon temps) en secondaire 5. Il y avait environ 10h sur l’art d’équilibrer un budget et un autre 10h sur l’art de lire les résultats de la bourse dans le journal (ce dernier item étant franchement discutable pour des élèves de secondaire 5).  Rien sur le crédit.

Les associations sans but lucratif qui offrent des ressources pour enseigner de saines notions budgétaires devraient offrir un support à ces deux premiers éléments, histoire de ratrapper ce qui serait tombé entre deux chaises (exemple malheureux: les jeunes décrocheurs).  Mais elles sont sous-financées.

C’est là que les banques devraient entrer en scène à mon avis, mais pour une seule chose: un financement récurrent des OSBL qui offrent ces cours et ce support. Sans droit de regard sur les contenus ni l’offre de cours.  Un chèque, that’s it.

Mais bon, je rêve peut-être.

Et vous? Vous en pensez quoi? Qui devrait être responsable de l’éducation de nos jeunes au crédit? Pourquoi? Comment? J’attends vos commentaires avec impatience!

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